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21.06.2007

Alphabet personnel

Laurence, m'a donné l'idée de ce petit Alphabet, illustré, si je puis dire !  Voilà je trouve ça très drôle, et en même temps ça montre un peu notre personnalité. Faites le votre !





Mon alphabet

 A comme Amour, qui peut vivre sans ? On survit sans ...

B comme Baisers et comme Bonheur, c’est agréable d’en recevoir et d'être heureux

 C comme Connards, il y en a trop

 D comme Douceur, nous vivons dans un monde de brutes,

 E comme Eau et Egalité, car notre société manque des 2

F comme Fraternité et comme Femme, notre société manque de la première, et moi de la deuxième lol

 G comme Gourmandise, qui a dit que c’est un vilain défaut ?,

 H comme Homme, Humour, car l'Homme (l'Humanité) doit être au centre de tout, et Humour parceque c'est la vie

 I comme Image, sage comme une image dit-on !

J comme JOIE, rien n'est plus important que ça,

 K comme Kyrie, Parceque Kyrie Erison, "Seigneur prend pitié de nous"

 L comme Lumière et Liberté, essentielles l'une et l'autre dans ma vie,

 M comme Maison, MES racines

 N comme Nuages, souvenir de beaux voyages dans le ciel,

 O comme Outils, que serait l'Humanité sans outils ?

 P comme Peur, Le monde a trop de peurs

 Q comme ..., ce qui rapproche les femmes et les hommes parfois,

R comme Rose, ma fleur préférée

 S comme Savoir et saveur, que serait le monde sans savoir ni saveur ?

 T comme Temps, je cours sans arrêt après,

 U comme Unité, le monde en aurait tant besoin,

 V comme Village, celui de mon enfance, (il n'y a rien de plus beau que celui là)

W comme Wagon pour aller vers l'avenir,

X comme Xénophobie, un mot que je ne supporte pas,

Y comme Yeux, le  regard ,

Z comme Zénith, comme le soleil source de vie

08.06.2007

La lettre au Président

Chanson du chanteur Axiom, écrite en novembre 2005 pendant les émeutes des banlieues. Comme quoi le rap, peut être beau et intelligent. Dédié à tous ceux qui rêvent d'une 6ème République !

 

 
Ci-dessous la réponse de l'ancien Président, Jacques Chirac
 
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Paris, le 16 décembre 2005


Cher Hicham(...)

Vous avez souhaité me faire part en musique, par une "lettre au président" diffusée sur votre site internet, de votre réaction au lendemain des graves événements qui ont eu lieu dans certains quartiers des grandes villes. J'ai pris votre appel comme celui d'un artiste qui exprime sa sensibilité, fût-ce parfois par la provocation, le raccourci ou la caricature.

Je n'ignore rien de la colère, des attentes et des espoirs des habitants des quartiers dits "sensibles", des situations sociales, économiques et humaines à la racine de cette violence, de la crise de sens, de repères, en un mot d'identité qu'elle traduit.

Nous n'y répondrons, je le crois comme vous, qu'en étant justes et fidèles aux valeurs de la France. Dans notre pays, tous les citoyens sont filles et fils de la République. Je ne connais, je ne vois que des hommes et des femmes, quelle que soit leur origine, confrontés aux mêmes problèmes, aux mêmes conditions de vie.


Tous ont leur place dans notre société, à condition d'en accepter les principes et en respecter les règles. Tous peuvent attendre de la République le soutien qu'elle apporte à ceux qui, sans cela, risqueraient d' être laissés sur le bord du chemin.

Je suis le garant des institutions et des principes sur lesquels elles sont établies. J'assumerai toutes mes responsabilités. Nul plus que moi n'a cessé de dénoncer et de combattre les discours de haine, les menaces d'exclusion, les appels à la discrimination et au rejet de l'autre. La diversité de notre pays est, pour la France, une richesse et une chance.

Puisse votre musique se faire vecteur de tolérance, d'ouverture et d'espoir, loin de tout anathème réducteur et de toute vindicte stérile.

Je vous prie d'agréer, cher Hicham(...), l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Jacques CHIRAC

02.06.2007

Refonder nos institutions et notre démocratie

J'ai donc décidé de vous retranscrire aujourd'hui un discours de François Bayrou sur la 6ème République. Je m'inscris totalement dans sa démarche, car il me semble que les problèmes de la France sont en grande partie du à un problème fondamental de nos institutions qui ne représentent plus nos concitoyens et qui montrent leur incapacité à répondre aux aspiration du peuple. Et pourtant notre peuple qui s'est de nouveau approprié l'espace démocratique avec le récente élection présidentielle mérite bien une démocratie plus à même de répondre à ses besoins ! Serait ce un tel scandale que l'extrème gauche puisse être représentée à l'assemblée nationale ? Serait ce un tel scandale que le modem et le FN y soient également représentés ? La démocratie, mérite une pluralité réelle au sein de son parlement comme l'a très bien dit Laurence dans un récent commentaire, et non pas 2 blocs l'un contre l'autre. Je tiens d'ailleurs à souligner ici que le modem est pour un rassemblement large et non pas pour des ralliements de circonstances dictés par l'intérêt de quelques uns. Les ralliements récents de personnalités du centre ou de la gauche qui étaient moqués il y a encore un mois et demi par Sarko, ne sont en fait qu'un plan de l'UMP pour dissoudre le centre et le PS !! Mais ils n'y arriveront pas, tant qu'il y aura des gens pour réfléchir à ce qu'on leur propose et si nécessaire à résister ! Mais revenons à notre idée de 6ème République. Le discours ci-dessous de Mr Bayrou a été prononcé le 16 décembre 2005 lors d'un colloque sur la démocratie. Ce texte que l'on peut qualifier de fondateur peut être retrouvé dans son intégralité dans le livre de François Bayrou "au nom du Tiers Etat". Ce texte a 20 ou 30 ans d'avance sur notre temps. Mais je suis persuadé que notre République ressemblera à ce qui est écrit ci-dessous, et sera une République  de la vertu démocratique ! C'est en cela que je crois que ce texte mérite une lecture attentive. Pour le futur, et pour les générations futures il mérite d'être lu. En effet, la question est quelle République souhaitons nous laisser à nos enfants et à nos petits enfants ? Je crois qu'un début de réponse est écrit ci-dessous. Le débat est ouvert !

 

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Que l’on regarde avec attention les vingt dernières années de la politique française, qu’on regarde les domaines les plus cruciaux, ceux qui permettent de juger de la santé d’un pays, et l’on est frappé, pour ne pas dire terrassé, par une constatation aveuglante : en vingt ans, rien n’a changé ! Examinez le taux de chômage, celui des déficits publics, de la croissance, celui du nombre des exclus, et vous voyez que de 1985 à 2005, en passant par 1995, ce que les chiffres décrivent, c’est une stagnation généralisée. Depuis vingt ans, le chômage est de 10% de la population active. En 1985, la croissance était de 1,8%, exactement comme en 1995, exactement comme en 2005, les déficits publics supérieurs à 3 %, comme aujourd’hui. Il y a simplement deux changements : le nombre des retraités, qui a augmenté de 20%, et la dette, de 300 %.

Ce bilan est accablant. La conséquence ne l’est évidemment pas moins, c’est l’immense frustration de l’ensemble de la société française. Tous, dans tous les secteurs, disent la même chose : « nous manquons de reconnaissance et nous ne sommes pas entendus ». Au paroxysme, inacceptable, il y a les fauteurs de trouble des banlieues, par leurs actes dont le caractère offensant et automutilant n’a échappé à personne. Mais c’est aussi ce sentiment de frustration qui habite les élus locaux, les médecins, les agriculteurs, les enseignants, les chômeurs. Et c’est ce qui fait que notre société est en voie d’explosion généralisée.

Nous devons nous poser la question des causes de cet échec.

Au nœud des causes de l’impuissance et de la frustration, il y a l’état de nos institutions.

Une démocratie ne peut vivre sans institutions, et plus exactement, c’est de la qualité des institutions que dépend la qualité de la démocratie. Jugeons donc l’arbre à ses fruits : nous ne pouvons alors qu’être très sévère sur nos institutions.

Car à quoi servent des institutions ? A permettre à un pays d’être gouverné efficacement, et dans le respect des prérogatives du peuple et des citoyens. Or devant un tel bilan, qui peut dire que nous sommes gouvernés efficacement ? Devant l’ignorance dans lequel on entretient le peuple autour des principaux enjeux nationaux, qui peut dire que le peuple est respecté ?

A quoi servent des institutions ? A assurer à l’action publique l’efficacité et la durée sans laquelle rien ne se fait. Or nous avons le record du monde développé de l’instabilité gouvernementale. Depuis 27 ans, la durée moyenne d’un gouvernement est de deux ans et demi. Nous venons d’user quatre ministres de l’économie en trois ans, aucune majorité n’a réussi à survivre à une élection, et chaque fois qu’on change de majorité, on change de politique.

Et ainsi, ce qui pourrait être comique, si la situation n’était pas tragique, c’est le nombre de politiques décidées, puis abandonnées, puis reprises, quelquefois par les mêmes. Les emplois jeunes par exemple : décidés par la gauche, abandonnés, puis repris par la droite, sous des dénominations diverses, contrat d’avenir, contrat « jeunes en entreprise »...

A quoi servent des Institutions ? A garantir une représentation authentique et respectée, dans le domaine civique, politique, social, pour que le pouls de la démocratie batte dans ce pays. Pour que nul n’ait le sentiment d’être ignoré dans ses attentes et ses aspirations.

Ainsi, des institutions servent à faire progresser dans l’esprit des citoyens la conscience de la réalité du pays, et donc à leur faire partager les choix qui sont faits en leur nom, en leur permettant d’assumer et de soutenir ces choix. Elles renforcent la société que nous formons, elles arment la réalité nationale qui est la nôtre.

Mais jamais depuis quatre siècles, la France n’a été à ce point le théâtre d’explosions en chaîne, qui séparent les milieux sociaux les uns aux autres, ou les déchirent à l’intérieur. Cette fracture sociale, dont les violences dans les banlieues ont été l’un des visages les plus inquiétants, donne à tous ceux qui en sont les victimes un sentiment d’exclusion irrémédiable.

Elle se manifeste aussi aujourd’hui en fracture ethnique. Elle frappe par la consonance des noms. Elle désigne à la vindicte des groupes entiers. Elle met en cause la couleur de la peau. Ainsi les Noirs ne se sentent plus respectés et ils s’organisent.

Ces ombres découpent la société française en castes, imperméables les unes aux autres, dont il faut avoir la clé pour entrer. Et ce n’est pas en prenant 50 jeunes des banlieues, sur des centaines de milliers, pour les mettre dans une grande école, que l’on pratique une politique globale et équilibrée.

Et ce poison, s’il est dangereux dans tous les pays du monde, est mortel chez nous, car la France s’est bâtie autour du principe d’unité. Toute notre histoire le montre. La France est unité. Cela vient de l’Ancien Régime et ce sont les premiers mots de la Constitution: « la France est une république indivisible ».

L’explosion permanente et universelle, multiple dans ses visages, dont la France est frappée menace l’existence du sentiment national lui-même.

Voila où nous en sommes. Et la stupéfaction est donc intense quand on songe aux objectifs des constituants de la Vème République, l’unité nationale, la stabilité et le bon fonctionnement de nos pouvoirs publics.

Or, cette Ve République, qui n’assure pas les objectifs pour lesquelles elle avait été conçue, est incapable de se réformer. Et pourtant, ce n’est pas que des critiques aient été faites par ceux-là même qui en furent ensuite les garants. citations...Voilà ce qu’ils disaient, voilà ce qui est arrivé, comme s’il y avait une fatalité à ce que l’on voit les défauts du système dans l’opposition, et que l’on ne fasse rien une fois arrivé au pouvoir.

Puisque la Ve République a été incapable de se réformer, alors il faut changer de République.

La France a besoin d’une VIe République.

Les vices de la Ve république sont tels que la France a besoin d’une VIe république.

Car dans la Ve république, la concentration du pouvoir va aujourd’hui de pair avec l’impuissance du pouvoir. Ce paradoxe que Napoléon ou Charles de Gaulle auraient rejeté, nous sommes obligés de le constater maintenant.

Plus profondément, la concentration du pouvoir va de pair avec l’illégitimité du pouvoir. Le parti gouvernemental a la Présidence de la République, le Premier Ministre, presque tous les ministres du gouvernement, 30 sur 31, la majorité absolue à l’Assemblée nationale avec 365 députés, la majorité du Sénat. Avec tout ce monde, ils sont incapables de faire passer le Lundi de Pentecôte.

Ce n’est pas parce qu’ils sont si nombreux que les Français les reconnaissent légitimes dans leurs décisions. En réalité, quoi que l’on décide, tout est vain, tout est stérile lorsque la légitimité de celui qui décide n’est pas reconnue.

Dans la Ve république, la représentation du peuple n’est pas assurée. Et quand la représentation n’est pas assurée, le peuple se venge. On nous explique que si l’on ne change pas la loi électorale, c’est pour ne pas favoriser les extrêmes. Or, avec la loi actuelle, la France est le pays du monde occidental développé dans lequel les extrêmes sont les plus puissants. 40% des Français votent pour l’extrême gauche ou l‘extrême droite. Aucun autre pays européen ne connaît une telle situation, alors que sur les 25, 23 sont gouvernés par une représentation proportionnelle des courants politiques.

Dans la Ve république, il y a aujourd’hui comme une mystification. Celui qui est élu ne gouverne pas, et celui qui gouverne n’est pas élu. Tout le monde a voté pour le Président de la république : pourtant il se tient en retrait, éloignés des défis, dans le silence pendant des mois. Et personne n’a voté pour le Premier Ministre, qui est chargé de gouverner. Le Premier Ministre n’a qu’un seul électeur, le Président de la république. Et cette situation ne ressemble pas aux principes d’une vraie démocratie.

Cela ressemble à l’ancien régime. Le souverain se fait lointain, le ministre est tout puissant mais dépend du seul bon vouloir du souverain. Autour d’eux les intrigues des guerres de succession.

Alors quels sont les principes de cette VIe république que nous devons construire ?

La VIe République sera fondée sur deux principes : principe de responsabilité, principe de légitimité –c’est-à-dire représentativité.

Le premier responsable, c’est le président de la République.

Je propose donc que la VIe République, à laquelle il faut songer comme la première démocratie, conserve l’élection présidentielle, parce qu’elle donne toute sa place au peuple souverain.

Qu’est ce qui peut menacer cette élection ? Soyons clairs, ce qui peut menacer cette élection, c’est un deuxième tour qui serait 2002 au carré. Un extrémiste d’un bord contre un extrémiste de l’autre. Cette situation cauchemardesque mérite qu’on s’y intéresse, car là est la seule bombe qui puisse faire exploser l’élection présidentielle au suffrage universel. Si on réfléchit au lieu de se faire peur, et si on suit notre démarche, c’est-à-dire regarder les causes, alors on en découvrira une : rien ne justifie en soi que, constitutionnellement, il faille n’avoir que deux candidatures au second tour de l’élection présidentielle. Si on avait ouvert le principe qui régit toutes les autres élections, c’est-à-dire, la qualification au deuxième tour si vous avez atteint un seuil très important, par exemple 10% des électeurs inscrits, il y aurait eu trois candidatures la dernière fois et l’élection n’aurait pas eu le même visage. Le cauchemar démocratique dans lequel nous avons été entraînés n’aurait été qu’une anecdote.

Qu’est-ce qui justifie cette affaire de deux candidats seulement ? Là encore, si on réfléchit, c’est un principe monarchique. Ça veut dire que nous considérons que le président de la cinquième République doit nécessairement être élu par une majorité absolue de citoyens. On remplace le sacre par la majorité absolue. C’est ça qui donne le sentiment que c’est la France tout entière qui vous a choisie. Or je crois que ce principe monarchique n’est plus adapté, je crois que la légitimité se gagne, qu’elle n’est pas acquise une fois pour toutes. Le président de la République ne doit pas sa légitimité au nombre de ses voix, mais à l’action qu’il conduit une fois qu’il a été porté à la tête de la République française et de la politique de notre pays.

Tout cela mérite une réflexion pour le futur. Je ne voudrais pas que notre société explose sur un écueil comme celui que je viens de signaler.

Principe de responsabilité : celui qui est élu doit gouverner. Au lieu de dérober le Président derrière les rideaux de l’Elysée, d’où il ne s’exprime, comme le Sphinx, qu’à de rares moments, rituels et par des déclarations censées stupéfier, il faut le plonger dans la réalité française, dans la réalité du pays qui l’a élu.

Et pour cela, il faut tourner la page sur notre actuel texte constitutionnel.

Il faut supprimer l’anomalie de l’article 20 de la Constitution de la Ve République. Car le déséquilibre est dans l’article 20 ! Non, dans une démocratie de plein exercice, quand il y a un président élu au suffrage universel, ce n’est pas au gouvernement de « déterminer et de conduire la politique de la nation ».

Cela, c’est la responsabilité du Président. De même qu’il doit être de sa responsabilité de nommer les ministres et de mettre fin à leurs fonctions. La légitimité est sienne, la responsabilité doit être la sienne.

La responsabilité du gouvernement c’est de mettre en œuvre cette politique.

« Le président de la République détermine et conduit la politique de la nation. Le gouvernement la met en œuvre. »

Ainsi, tout retrouve sa place : le peuple délègue sa confiance. Il choisit un cap en choisissant un capitaine. Le Président assume et assure. Il conduit et il s’exprime. Le gouvernement gouverne.

Faut-il un premier ministre ? Il n’y en a pas aux Etats-Unis. Il me paraît utile qu’il y en ait un en France. Nous sommes un pays de secousses et de tensions. Nous sommes un pays centralisé, unitaire par nature, presque unitarien, où beaucoup revient à l’État. Il est bon qu’il y ait pour la lourde et centralisée action gouvernementale, un coordinateur, un entraîneur, qui porte la lourde charge du quotidien et partage la réflexion stratégique avec le Président. Mais le premier ministre doit redevenir le premier des ministres : le chef du gouvernement, c’est le Président de la République élu par les Français pour assumer la charge de les gouverner.

En face d’un exécutif responsable, il faut un Parlement représentatif du peuple des citoyens.

Et il faut que le Président, symboliquement, puisse s’adresser au Parlement. Discours du congrès.

Aujourd’hui, le Parlement est tenu pour une chambre d’enregistrement de la volonté du gouvernement, à qui l’on interdit de s’exprimer sur des sujets essentiels de notre avenir national. Le Parlement qui représente les Français est mineur et sous tutelle. Et l’esprit de parti est tel qu’il applaudit lui-même à cette situation.

Lorsqu’il s’agit de l’avenir de l’Europe, de l’adhésion de la Turquie, on lui interdit de donner son avis !

Lorsqu’il s’agit des graves questions du domaine de l’emploi, sous le nom d’ordonnances, et sans mandat du peuple, on lui fait voter un blanc seing !

Lorsqu’il s’agit de vendre à des intérêts privés les sociétés autoroutières qui appartiennent aux Français et qui ont été payées par eux, tant sous forme d’investissements que sous forme de péages, le Parlement est interdit de vote, au mépris de la loi.

Réduit au silence, interdit d’exercer le mandat du peuple, découragés au fond d’eux-mêmes, les parlementaires tirent la conséquence logique de cette situation de mineurs en étant absents des débats et les ministres lisent des discours qu’ils n’ont pas écrit face à des rangées de fauteuils vides !

Et tout cela, bien entendu, malgré l’assurance tous risques de majorités pléthoriques, autant de députés que de jours dans l’année, résultat mécanique de cascades d’élections au scrutin majoritaire.

C’est tout cela qu’il faut changer.

Il faut le changer par la constitution, en donnant au Parlement la maîtrise de son ordre du jour, et donc en l’obligeant à sortir de la situation de mineur qui est la sienne et à passer à une situation de majeur.

Il faut le changer par la loi, en s’engageant résolument dans la représentation équitable des citoyens français.

Tous les citoyens français ont un droit égal à se voir représenter au Parlement. Aujourd’hui, si l’on rapporte le résultat des élections législatives de juin 2002 au résultat du premier tour de l’élection présidentielle d’avril 2002, 19 % d’entre eux sont représentés par 63 % des sièges, tandis que 50 % de ceux qui sont allés voter ne sont représentés par personne.

Tous les courants d’opinion principaux, au-dessus de 5 % des voix, doivent être représentés par des élus à l’Assemblée nationale.

On me dira, avec une feinte indignation : vous acceptez que des extrêmes, l’extrême droite ou l’extrême gauche, entrent à l’Assemblée ! Vous faites le jeu des extrêmes !

Je répondrai qu’il y a, dans l’Union européenne, 23 pays sur 25 qui respectent le principe de la représentation de tous les courants d’opinion, 23 pays sur 25 qui ont adopté la représentation proportionnelle, et nous sommes les seuls à avoir une extrême droite et une extrême gauche au même niveau que les grands partis démocratiques !

J’ai toujours combattu les idées de l’extrême droite, j’ai toujours combattu les idées de l’extrême gauche, mais je préfère combattre des idées, à visage découvert, à l’Assemblée nationale, plutôt que de les voir progresser à bas bruit dans la frustration de la représentation, et la facilité du silence.

J’ai siégé pendant des années, au Parlement européen, avec Le Pen d’un côté et Laguiller et Krivine de l’autre. Cela ne nous empêchait pas de faire des lois, et si cela nous contraignait souvent, faute de majorité, à rechercher des accords et des compromis, c’était un bien et non pas un mal.

Les deux réalités de la nation, la réalité territoriale et la réalité politique, doivent être représentées à égalité à l’Assemblée nationale.

Les vallées pyrénéennes, les monts du Lyonnais, le Massif central, les Alpes, ce n’est pas la même chose. Les grandes unités urbaines, Paris et l’Ile de France, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Bordeaux, chacune avec leur métropole, elles ne sont pas assimilables l’une à l’autre. Il est légitime que l’Assemblée des représentants de la nation représente à égalité la diversité de nos territoires géographiques et la diversité de nos territoires politiques.

Et le changement de loi électorale permettra, du même coup, d’assurer la représentation des territoires sociologiques.

C’est notre mode de scrutin qui fait de la France le dernier et de loin parmi tous les pays développés pour la représentation de la majorité féminine du peuple et des minorités d’origine ou de culture.

Dès que l’on change la loi électorale, on l’a vu au Sénat, on l’a vu au Parlement européen, la diversité des sexes, des origines, des expériences professionnelles ou culturelles de notre peuple est immédiatement prise en compte.

Et si l’on veut que cette Assemblée assume la tâche qui doit être la sienne et retrouve la responsabilité qu’elle n’aurait jamais dû perdre, il faut aussi que nous tranchions une question lancinante.

Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec un ou deux pour cent de la représentation nationale.

La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés de la nation.

Je connais les joies et les richesses du cumul républicain. Je ne les sous-estime pas. J’ai été président de Conseil général en même temps que député, et même ministre, pendant des années, presque dix ans. J’ai beaucoup aimé cela. Naturellement, c’était exténuant, mais intéressant, enrichissant.

Simplement, ce n’est plus le temps que nous vivons. Cela empêche de s’investir calmement dans une tâche, de prendre les repères, les habitudes et les marques du débatteur et du législateur. C’est vrai que les Mitterrand, Chaban, Lecanuet, ont été de grands cumulards. Mais le temps acceptait que le patron surveille de loin, se contentant de choisir ses collaborateurs, et arrêtant seulement les grandes options, un ou deux jours par semaine.

Ce n’est plus l’époque. Nous sommes entrés dans des temps plus exigeants.

Et il y a une assemblée de notre parlement qui doit comprendre des élus locaux, de grands responsables d’exécutif, c’est le Sénat.

La République a besoin que la voix de ses collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement.

Il est légitime que les responsables des grands exécutifs locaux soient en dialogue serré avec les gouvernants nationaux. Le lieu naturel de ce dialogue, c’est le Sénat, qui doit assumer sa différence et organiser ses travaux en conséquence.

Alors, s’il y a crise ? Nous sommes pour une élaboration de la loi qui sache prendre le temps de convaincre. 3 mois.

Au fond, la loi de la Ve République, c’est contraindre. La loi de la VIè, ce doit être "convaincre". Le président des Etats-Unis, les institutions européennes, respectent cette discipline. L’exécutif ne peut pas forcer le législatif. Tant que les deux ne trouvent pas d’accord, la décision n’est pas prise ! Et le calendrier qui se tend, la montre qui tourne suffisent à organiser la pression nécessaire pour que les lignes bougent.

Mais des crises peuvent survenir dans un pays aussi bouillant que le nôtre. Quelles sont les sorties de crise possible ?

Il y en a deux : le plus naturel, c’est le référendum. Blocage au Parlement, le président se tourne vers le peuple et le peuple tranche.

Et il y a l’arme ultime : la dissolution. La dissolution a été, disons le, dénaturée en 1997. Une dissolution ne peut pas être de convenance. Elle doit être réservée aux circonstances extrêmes de blocage ! C’est pourquoi je propose que la VIe République garantisse que la dissolution ne soit pas détournée, en confiant son exercice au Conseil Constitutionnel, sur proposition du Président de la République.

Troisième pilier de la nouvelle République : les corps de contrôle, les autorités indépendantes.

Je veux défendre deux principes : ces autorités de contrôle, ces autorités indépendantes doivent retrouver le principe d’impartialité de l’État, et elles doivent pouvoir être saisies par les citoyens.

Elles sont aujourd’hui le lieu des nominations de préférence amicale ou partisane. Elles sont donc amenées à prendre la coloration du parti dominant.

Il faut garantir, au contraire, leur indépendance et leur impartialité. Et pour cela, il suffit, de faire de ces grandes nominations l’objet d’un vote de confirmation ou d’investiture du Parlement, à une majorité qualifiée, après audition du candidat proposé. Ce mécanisme est celui qui fonctionne aux Etats-Unis. Il oblige à réfléchir à la compétence, au caractère indiscutable de la personnalité proposée et de son parcours. Il met le candidat à l’abri des préférences partisanes.

Et il faut que toutes ces grandes instances, chargées de protéger le pouvoir contre lui-même, la loi et le citoyen contre les abus de position dominante, puissent être saisies par le citoyen lui-même.

Récemment, le garde des Sceaux à propos d’une loi pénale clairement inconstitutionnelle, est allé jusqu’à enjoindre aux parlementaires de ne pas saisir le Conseil Constitutionnel. ‘S’ils le faisaient, ils seraient jugés par l’opinion’. Admettons qu’une telle intimidation ait produit son effet et qu’une telle loi votée, il ne se soit pas trouvé soixante députés ou soixante sénateurs pour saisir le Conseil.

Nous aurions alors vu adopter une loi dont tout le monde aurait su qu’elle allait contre les principes fondamentaux de notre Droit sans que nul n’ait les moyens de se défendre contre un tel abus.

Il faut que les citoyens puissent saisir le Conseil Constitutionnel, ou le CSA, ou la juridiction administrative, avec les filtres nécessaires pour ne pas provoquer de thrombose ou d’abus. Il faut que le citoyen ait un recours contre un abus de pouvoir, même si cet abus de pouvoir ne le touche pas directement dans ses intérêts. Il faut qu’il trouve les recours nécessaires pour défendre des principes civiques.

Mesdames, Messieurs,

Il est temps d’ouvrir une époque nouvelle. La France a trop souffert de l’absence de démocratie dans sa République. Cette absence de démocratie l’a conduite, non pas comme le croyaient ses fondateurs, à plus d’efficacité de l’État, mais à moins d’efficacité, non pas à plus de courage, mais à moins de courage. Le pouvoir concentré concentre les défauts et les vices du pouvoir. Il faut une République nouvelle.

Cette VIe République répondra à deux principes vitaux dans une démocratie : le principe de responsabilité, le principe de représentativité.

Elle sera le lieu d’une authentique séparation des pouvoirs.

Avec le mandat unique des députés représentant les territoires aussi bien que les grands courants d’opinion, avec le Sénat où s’exprimeront les collectivités locales, elle redonnera à notre Parlement les prérogatives qui lui ont peu à peu, insidieusement, été enlevées. Elle en fera le lieu du débat, de la confrontation, de la conviction. Elle lui rendra donc, avec la passion et l’influence, sa dignité et son prestige.

Avec l’affirmation de la responsabilité directe du Président de la République sur le gouvernement, elle donnera à l’élection du Président de la République toute sa portée et supprimera les cohabitations qui ont corrodé le sens de cette éminente fonction.

En tournant la page sur une République usée, nous allons donner à la France la démocratie dont elle a besoin pour que s’affirme l’esprit de renaissance.

 

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01.06.2007

François Bayrou laboure sa circonscription

Articles sur le courage en politique !

 

Sources : www.bayrou.fr 

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En campagne dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou va, de village en village, chercher les voix une par une, même s'il est arrivé largement en tête dans la plupart de ces communes au premier tour de la présidentielle. "Une élection, c'est une élection. Les voix, il faut aller les chercher", explique le troisième homme de la présidentielle qui, ce jeudi matin, a inscrit à son agenda sept communes rurales de l'est de Pau.D'ici au 10 juin, le fondateur du Mouvement démocrate (MoDem) se sera ainsi rendu dans les 92 communes de sa circonscription pour défendre son siège de député, "clocher par clocher, village par village, mairie par mairie". "Ce périple, c'est une manière de rendre hommage aux gens, d'aller les voir chez eux, même si, comme ce sont des heures pas pratiques, ils viennent pas aux réunions", ajoute François Bayrou. "Mais ils savent qu'on est là, le maire est là, l'adjoint est là, et on peut ainsi faire le point de la réalité de leurs vies". La tournée a commencé peu après huit heures par la mairie d'Espoey, neuf cents habitants : devant quelques personnes, François Bayrou explique le besoin de ne pas laisser tous les pouvoirs à un seul parti après l'élection de Nicolas Sarkozy. Il exprime ses inquiétudes concernant la franchise médicale future et la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, qui "selon les experts va faire monter les prix et constituera en fait un avantage pour les vendeurs". Puis, la conversation porte sur des sujets locaux. "On est agriculteurs. Il faut ensiler quand le temps le permet", déclare, à Aast, Edmonde Pucheu-Hourcade, première adjointe, avant de servir café et gâteau béarnais. Après une rapide visite de l'église, le "périple" continue sur les petites routes du Béarn pour M. Bayrou et son suppléant, Pierre Menjucq.

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Vers 15H00 chaque jour, le député retrouve sa casquette de chef de parti, sautant dans un avion pour aller soutenir les candidats du MoDem dans le reste de la France. Ce jeudi, il rejoignait à Saint-Etienne pour une réunion publique l'un des députés qui lui sont restés fidèles, Gilles Artigues, candidat à sa réélection dans la Loire.

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