24.11.2007
Modification de la note sur le 11 novembre 1918
Hautefort m'ayant interdit la diffusion d'une partie d'un reportage de France 3 sur les "fusillés pour l'exemple", j'ai modifié ma note et mis à la place la fameuse "chanson Craonne". Quoi de mieux pour rendre hommage à tous les combattants.
14:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, 11 novembre 1918, Europe, Guerre
11.11.2007
En mémoire du 11 novembre 1918
Parcequ'il est de notre devoir, à nous jeunes générations de porter le souvenir de la plus atroce des guerres. Parcequ'il est de notre devoir à nous tous, de se souvenir de ceux qui sont morts et ce sont sacrifiés pour nous, et pour que jamais une telle horreur ne se reproduise voici une note commémorative. Pour que vive l'idéal de paix, et à travers lui l'idéal d'Europe. Car il n'y a pas de paix sans l'Europe. Mais toute mémoire, doit être juste et complète. Ainsi la vérité ne peut se satisfaire d'une pénombre ou d'une demi éteinte. La vérité, c'est l'éclatant soleil d'été ! Alors je souhaiterais que nous souvenions aussi de tous ceux qui ont été fusillés souvent injustement pendant cette guerre et qui n'était pas plus lâches ou traitres que les autres.
Situé au bord de la D138, à la sortie du village, sur la droite en direction de Berry, un monument a été édifié à la mémoire de six soldats fusillés "pour l'exemple". On peut lire : "Dans ce champ sont tombés glorieusement le caporal Floch, les soldats Blanchard, Durantet, Gay, Pettelet et Quinault du 298ème R.I., fusillés le 4 décembre 1914, réhabilités solennellement par la Cour de Cassation le 29 janvier 1921. - Hommage des anciens combattants du 298ème R.I. à la mémoire de leurs camarades morts innocents victimes de l'exemple".
Après une attaque qui avait échoué, ces six hommes, de la 19ème compagnie du 298ème R.I., furent tirés au sort parmi vingt-quatre soldats de deux escouades et exécutés pour l'exemple le 4 décembre 1914, à la suite des directives données au conseil de guerre par le général de Villaret pour aider les combattants à retrouver le goût de l'obéissance. Ils n'avaient pourtant fait qu'obéir aux ordres de leur chef, le sous-lieutenant Paulaud.
Voici ce qu'écrivit le soldat Quinault à sa femme la veille de son exécution : "Je t'écris mes dernières nouvelles. C'est fini pour moi. J'ai pas le courage. Il nous est arrivé une histoire dans la compagnie. Nous sommes passés 24 au conseil de guerre. Nous sommes 6 condamnés à mort. Moi, je suis dans les 6 et je ne suis pas plus coupable que les camarades, mais notre vie est sacrifiée pour les autres. Dernier adieu, chère petite femme. C'est fini pour moi. Dernière lettre de moi, décédé pour un motif dont je ne sais pas bien la raison. Les officiers ont tous les torts et c'est nous qui sommes condamnés à payer pour eux. Jamais j'aurais cru finir mes jours à Vingré et surtout d'être fusillés pour si peu de chose et n'être pas coupable. Ça ne s'est jamais vu, une affaire comme cela. Je suis enterré à Vingré ... ".
A lire :
Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999)"
de Nicolas Offenstadt, publié dans la collection Poches des éditions Odile Jacob.
Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918, préface de Rémy Cazals, première édition : Maspero, 1978; rééditions Éditions La Découverte, 1997 et 2003. (livre terrible sur les horreurs de ce conflit)
A voir : Les sentiers de la Gloire, de Stanley Kubrick, disponible en DVD
Une chanson écrite en 14-18 et bien symbolique de cette époque : "la chanson de Craonne"
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02.12.2006
Culture et Histoire
A tous ceux qui s'intéressent à l'histoire, je vous conseille le site ci dessous, qui contient plusieurs émissions de Radio de Canal Académie avec les plus grands spécialistes/historiens français. On peut donc récupérer de nombreuses émissions passées dans les archives. Il y a en particulier 2 entretiens avec Jean Tulard, un de mes anciens vénérés professeurs de la Sorbonne, ou sur Waterloo par Jean-Claude Damamme, ou encore Auguste.
Jean Tulard est un homme avec beaucoup d'humour, on le remarque dans cet enregistrement :

C-dessus : Jean Tulard, spécialiste de la révolution française et du premier empire
Témoins ou acteurs de l’Histoire, les plus grands historiens contemporains, parmi lesquels plusieurs membres des cinq académies, racontent. Ils sont invités sur Canal Académie à partager leur point de vue, leurs analyses, leurs travaux historiques.
Avec eux, une traversée du temps à la découverte de ces jours qui façonnèrent notre Histoire.
Une émission proposée par Christophe Dickès.
http://www.canalacademie.com/index.php3?useFrame=1&no...

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15.10.2006
Lacrimosa : En mémoire de Marie-Antoinette
Epouse, de Louis XVI qui n'était pas à la hauteur des bouleversements de son époque, Marie-Antoinette a longtemps était un personnage controversé de l'histoire de France. Je tiens par cet article la veille, de la date de l'anniversaire de sa mort, à la ré-habiliter. En effet que peut on lui reprocher ? Sinon de ne pas avoir été comme les autres reines. En effet, cette jeune fille qui à son arrivée à Versailles avait quitté la chaleur de sa famille, pour se donner corps et âme à son nouveau pays, décida de ne pas être seulement la femme du Roi et la mère du futur dauphin, mais aussi la Reine et avant tout une femme. Ainsi, elle voulut se défaire de l'étiquette pesante de la cour, avoir une vraie vie sociale et pourrait on dire sexuellle ! ? N'avait elle pas le droit de mener sa vie à sa guise ? N'avait elle pas le droit de choisir ses amies ? La princesse de Lamballe n'était elle pas assez bien pour elle ? N'avait elle pas le droit d'aimer en toute intimité ? Personne n'a t'il compris que par elle, c'était toutes les femmes de France qui devait elle aussi trouver leur épanouïssement ? Elle aimait par dessus tout la beauté, et fit en sorte de mettre à son goût le petit Trianon. Elle fit revivre ce lieu à un tel point, que sa présence est encore sensible aujourd'hui dans ce petit chateau, et dans ces jardins. Plus de deux siècles après sa disparition n'est ce pas une preuve tangible de son influence sur nos coeurs ? Et quoi ! Qui parmi nous, ne recherche pas l'intimité, plutôt que le paraître, le véritable amour plutôt que l'amour par intérêt, le bonheur plutôt que la richesse, la tranquillité plutôt que le luxe, des amies sincères plutôt que des hypocrites ! On lui a reproché d'avoir pactisé avec l'ennemi. Mais l'a t'elle fait sinon pour protéger les siens et se rapprocher de sa famille d'origine. Chacun de nous en aurait fait de même si nous avions été dans sa situation desespérée. Si nous devons célébrer l'esprit des lumières et la révolution comme une conquête de la France, ainsi que la liberté, l'égalité, et la fraternité. Nous devons aussi reconnaître, que la révolution a eu ses victimes innocentes et que même si Marie-Antoinette aurait pu être jugée coupable, encore aurait il fallu qu'elle ait un jugement digne. Elle n'eut qu'une parodie de procès et c'est cela qui est bien le plus atroce de son histoire. Et comment pourrait on condamner une mère, une femme qui est venue en France de son propre gré ! Ayons donc une pensée émue pour la dernière reine de France. Toi que l'on a volée, insultée, enlevée à ses enfants, et martyrisée ... Morte pour avoir choisie de t'appartenir et de vivre comme une femme.
SGA
Un extrait du Requiem de Mozart :
Ci-dessous sa dernière lettre

22:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.10.2006
La "folie" ... Marie-Antoinette
Un article très intéressant de l'express
par Marie Desplechin (journaliste)
Expliquant le pourquoi du comment de la "folie" Marie-Antoinette qui a secoué l'année 2006. Cet article fera place à un autre, avant le 16 octobre (Date anniversaire de l'assassinat de la dernière reine de France).
Cela devait finir par arriver… Réinventée sous les traits d'une jeune actrice à la mode, Marie-Antoinette peut prétendre au titre d'héroïne nationale. Et supplanter Robespierre dans nos cœurs. Cette faveur a la saveur de retrouvailles. Nous ne voulons plus ressembler aux tristes bourgeois du XIXe siècle, ni à leurs laborieux héritiers du XXe. Nous nous prétendons écœurés par les idéologies, dégoûtés de l'esprit de sérieux et de son pendant, le goût de l'exaltation. Ce que nous voulons désormais, ce sont des rubans soyeux, des lumières favorables et des gens aimables qui sachent faire la conversation. Ce que nous voulons, ce sont les bougies de Barry Lyndon et les intrigues des Liaisons dangereuses. Ce que nous voulons, c'est le XVIIIe siècle.
Il y a encore trente ans, l'idée de plaindre la pauvre reine guillotinée n'aurait effleuré personne. Son supplice et sa mort appartenaient aux fantaisies de l'Histoire, qui, comme chacun sait depuis Marx, s'intéresse peu aux caractères, leur préfère les masses, et ne fait pas d'omelettes sans casser d'œufs. Robespierre nous offrait un héros de bonne envergure, à la fois peuple et tyran, sentimental sur le papier, inflexible sur le terrain, et moche par-dessus le marché. Même sa mort tenait du sacrifice, plus que de l'exécution. «Revolvérisé» et puis guillotiné, c'est comme s'il avait été oint de son propre sang. Mais Marie-Antoinette, cette gourde… plus bête que ses moutons. L'Histoire avait mis l'Arrageois au panthéon et flanqué l'Autrichienne aux poubelles. Et, avec elle, toute une troupe de pantins poudrés, d'inquiétants parasites, courtisanes inusables et marquis libidineux, bons à rien, prêts à tout, globalement irrécupérables.
Quelque chose a changé progressivement mais sur tous les fronts, et sans que l'on puisse mettre le changement au crédit d'un seul. Stanley Kubrick, en annonciateur avec Barry Lyndon (1975)? Ou plus sûrement Stephen Frears, avec Les Liaisons dangereuses (1988)? Philippe Sollers, professeur national de littérature invitant sans relâche à lire Casanova, Laclos, Denon, le prince de Ligne, la comtesse de Boigne? Elisabeth et Robert Badinter, réhabilitant Condorcet (1989)? Karl Lagerfeld, Christian Lacroix, plaçant des collections sous le signe de l'époque? Sophie Chérer, évoquant le martyre du petit Louis XVII dans La Seule Amie du roi (1995)? Tzvetan Todorov, installant à la Bibliothèque nationale une exposition somme intitulée Lumières! Un héritage pour demain (2006)? Tout se passe comme si l'esprit du XVIIIe avait discrètement refleuri. Et ce n'est pas un petit bouleversement, pour une époque, de relire un chapitre de son histoire. D'y chercher un reflet de soi-même, et des raisons de s'aimer. De changer d'icônes, enfin, et de mythologies.
Elisabeth de Feydeau fait un drôle de métier. Elle est docteur en histoire et experte en parfums. Elle a consacré une biographie à Jean-Louis Fargeon, parfumeur de la reine. Et recréé, l'année dernière, avec le nez Francis Kurkdjian, son parfum. A fréquenter Marie-Antoinette, elle s'est prise d'affection pour la personne d'une femme «qui nous ressemble». Une candide, piètre stratège, «qui a payé sa sincérité de sa vie». A l'écouter parler, on voit se dessiner des parallèles entre les époques, entre un XVIIIe siècle marqué par les famines et bouleversé par le tremblement de terre de Lisbonne, et un début de millénaire frappé par les catastrophes humaines et naturelles, du 11 septembre au tsunami. Deux moments de l'Histoire placés sous le signe de l' «après moi, le déluge», où les hommes, «persuadés que tout peut s'arrêter dans l'instant, rêvent de vivre dans l'instant, et d'en jouir». Mais il y a plus que le sentiment de l'incertain et le voisinage du danger pour nous réunir. Il y a le rapport à la connaissance, «fondée sur l'expérience des sens», le réveil de l'humanisme, le droit aux émotions, au rire, aux pleurs - «interdits au XIXe siècle» - l'affirmation d'un «besoin de vie privée et d'intimité», une forme de promiscuité sociale qui met les uns sous le regard des autres, à Versailles, par exemple, «dont le parc est ouvert à tous», et le goût du plaisir, dont l' «ordre moral républicain» se chargera de faire une perversion…
La même Marie-Antoinette a inspiré à Chantal Thomas, essayiste, romancière, auteur de biographies de Sade et de Casanova, un roman savant et élégant, Les Adieux à la reine, lauréat du prix Femina en 2002. Spécialiste du XVIIIe siècle, Chantal Thomas fait partie de ces chercheurs qui étudient ce qu'ils aiment et aiment ceux qu'ils étudient. «Il y a très longtemps que les écrivains s'intéressent au XVIIIe. Mais j'aimerais que cet intérêt ne se traduise pas seulement par l'utopie des loisirs, dit-elle. Qu'il soit plutôt un retour à l'art de croire au langage.» Personne n'est plus étranger à Casanova, qui fait de sa liberté une discipline, et de sa vie un théâtre, que le touriste laborieux qui profite de ses vacances pour voyager un peu. La fréquentation de Casanova, de Julie de Lespinasse ou de Mme de Staël enseigne au contraire un idéal de vie fondé sur l'amour de la beauté, le plaisir de la connivence, l'art de la conversation et le style, magnifiquement incarné par la phrase parfaite. Mais cette intelligence raffinée dont Chantal Thomas rend si bien compte n'est qu'un extrait de l'époque, capiteux mais rare: «Ce qui se perpétue de l'idéal de vie du XVIIIe siècle nous vient des aristocrates, de ceux qui avaient tout le temps de penser à eux.»
Et c'est bien ce qui attriste Arlette Farge, directrice de recherche au CNRS, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, scrutatrice patiente et respectueuse des archives grâce auxquelles elle étudie et écrit la vie du peuple au XVIIIe. «Ma méthode, dit-elle, consiste à fouiller pour savoir “comment c'était”.» Et elle ajoute: «Si Marie-Antoinette devient notre héroïne, c'est que nous n'allons pas très bien… Qu'est-ce qui nous attire? Sa mélancolie? Sa mort? Elle appartient à l'écume de l'Histoire. C'est dommage de se polariser sur des personnages dont personne ne connaît rien, pas même le socle.» Exit Marie-Antoinette. Restent tous les autres, les femmes, les hommes et les enfants de la rue. «C'est un siècle dont la population me fascine. Les gens vivent dans la misère, l'instabilité, la précarité. Et dans le même temps, ils possèdent une ferveur, une avidité de savoir et une sensualité tout à fait particulières. On vit beaucoup dehors, dans la rue, qui est la scène de la vie sociale. On se côtoie, les gens peuvent aller voir le roi. Les relations entre les femmes et les hommes témoignent d'une vraie aisance. Ils vivent ensemble, travaillent ensemble, vont au cabaret ensemble…» Ecouter Arlette Farge donne une furieuse envie de voir le siècle tout entier se redessiner dans sa cohérence et dans ses tensions. De l'imaginer sans l'imprévisible Révolution de 1789. De faire le lien entre les Encyclopédistes, les grandes épistolières, les mémorialistes, et la populace inquiète, fragile et volontiers émeutière des rues de Paris. De comprendre ce qui les unit, et ce qui exerce sur nous une si forte attirance. Nous, dont les manières de penser et de vivre ressemblent certainement beaucoup plus à celles d'Emma Bovary ou de Lucien de Rubempré qu'à celles de Mozart ou de Casanova… Nous, pour qui le XVIIIe tient plus du rêve que de la réalité. Nous, qui consommons ce que nous ambitionnons de vivre. Encore un effort, camarades, pour être révolutionnaires…
Même Madonna s'y colle ! C'est pour dire.
Musique de François Devienne (flutiste célèbre) ayant été un temps au service du cardinal de Rohan de Guéméné restait célèbre à cause de sa vie dissolue et de son rôle dans l'affaire

du collier.
18:30 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




































