17.03.2007

François Bayrou : Projet d'espoir

Pour le week-end, ou vos moments de repos, je vous conseille tout particulièrement ce livre de François Bayrou, qui vient de sortir : Projet d'espoir. On y retrouve tout l'humanisme et la grandeur de cet homme. Les 20 premières pages, sont les meilleures pages que j'ai pu lire dans ma vie. Cet homme a tout compris à l'état de notre société. Ce livre m'a réconcilié avec moi même et avec la politique. Je vous retranscrit ci-dessous quelques extraits pour peut être vous donner envie de le lire.

 

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"Nous sommes de drôles de gens : nous choisissons comme devise nationale un projet pour l'humanité. Il ne faut pas avoir froid aux yeux. C'est l'histoire de la France. La France ne sera bien, ne sera heureuse et équilibrée que si elle sait qu'elle porte un projet de société et non pas une résignation de société. Et ce projet n'est pas seulement pour nous, il est aussi pour qui dans le monde se trouvera en recherche du même idéal.



Et il faut bien le comprendre : cet idéal est un idéal de résistance.


Les trois vertus nationales sont des vertus de résistance. La liberté ne va pas de soi. Ce qui va de soi, ce qui est naturel, c'est la domination, c'est la servitude, l'asservissement aux traditions, à la caste, à la naissance. L'égalité ne va pas de soi. Ce qui est naturel, c'est l'inégalité, la domination du fort sur le faible. La fraternité ne va pas de soi. Ce qui est naturel, c'est le chacun pour soi. (...) Cette résistance est toujours d'actualité. (...)

Aujourd'hui, c'est la résistance à une domination plus subtile, qui chaque jour s'avance un peu plus sur la planète, un modèle de domination des esprits.

Tout se passe comme si le modèle dominant sur la planète était désormais la loi du plus fort. Et le plus fort, c'est le plus riche. Tout se passe comme si l'argent, l'univers de l'argent, les puissances de l'argent avaient définitivement triomphé. (...)

En aucun autre pays d'Europe le principe de séparation des pouvoirs n'a été aussi bafoué que chez nous. Ce n'est pas une dictature, bien sûr, les temps en sont pour le moment passés. Mais ce sont tous les pouvoirs entre les mêmes mains, c'est le Parlement tenu en laisse et, s'il bronche, on n'hésitera pas à lui en faire rabattre, à lui expliquer qu'il n'a pas à se saisir des affaires importantes. Et la justice n'est pas à l'abri, parce que c'est le pouvoir qui fait les carrières, qui nomme aux grands emplois et distribue les décorations qui font partie du cursus.

Ainsi, pas de contrôle réel, pas de délibération réelle, pas d'obligation de convaincre, pas de limite à l'installation des amis et des proches dans tous les postes de l'Etat. Partant, pas de limite à l'esprit de cour. Ainsi, le ver est dans le fruit.

Je n'aime pas les discours qui laissent entendre qu'au fond, chômeurs ou RMIste sont les coupables de leur propre disgrâce. Pour penser cela, et pour oser le dire, il faut être très loin de la vie des gens. Parce que la vérité de la vie, c'est qu'on ne tombe pas d'un côté ou de l'autre en fonction des dons ou des mérites. Il y a une grande part de chance. La vie est faite de multiples carrefours où vous pouvez chuter, où la distance entre tout va bien et tout va mal est seulement de quelques millimètres. Et qui a vu les enfants avant la vie adulte sait bien que tout n'est pas écrit dans la volonté, dans le mérite, dans le sens du travail. Ceux qui tombent et ceux qui s'en sortent, ce sont les mêmes. Et heureusement, on peut tomber et s'en sortir ensuite. Et le contraire.